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[Mars 2014] Romain, l’un des premiers CDI intérimaires de France

Contrat nouvelle génération, l’un des premiers CDI intérimaires de France a été signé à Romans-sur-Isère. Un nouveau dispositif à l’intitulé somme toute paradoxal, qui répond pourtant aux attentes des employeurs comme des salariés. Exemple concret avec Romain Beucher.

Quand il a poussé la porte de l’agence d’intérim Adecco il y a près de six mois, jamais Romain Beucher n’avait imaginé pareil épilogue… « Je venais de rater mon concours d’entrée à l’école de gendarmerie, je voulais juste ne pas rester chez moi à ne rien faire… », se souvient le Romanais âgé de 20 ans.

Pourtant avec son” bac pro maintenance”, l’agence d’intérim l’oriente logiquement vers un métier manuel.

C’est donc chez Courbis Composites, dans la zone industrielle des Allobroges à Romans-sur-Isère, que le jeune homme fait ses armes et se forme sur le tas. « Son sérieux, son comportement et son envie d’apprendre ont fait mouche auprès de ses chefs et de ses collègues », reconnaît la directrice des ressources humaines Ingrid Julliat.

Du coup le groupe, leader européen dans la transformation des polyuréthanes et plastiques techniques à haute valeur ajoutée, a choisi de “garder” Romain pour une mission assez longue. « Dans notre secteur, l’activité est fluctuante. Tout dépend de notre carnet de commandes… », explique le P-dg Hervé Courbis.

Dès lors grâce au CDI intérimaire, Romain Beucher est pour l’instant maintenu au sein de l’entreprise romanaise. « Ce nouveau dispositif vise à répondre aux besoins de flexibilité des entreprises et de sécurité des travailleurs », précise Laurence Hurni, la directrice opérationnelle France Est d’Adecco.

En clair, Romain poursuit ses tâches de stratifieur, manutentionnaire, aide-mécanicien chez Courbis, et touchera chaque mois un salaire au moins équivalent au Smic. Et ce, même pendant le temps “inter-mission”.

Dans ce contrat, l’employeur est l’agence d’intérim. C’est donc Adecco qui prend en charge financièrement le Romanais. C’est elle également qui dirige l’intérimaire vers une autre entreprise quand sa mission est terminée.

Dans ce secteur où le secret industriel doit être préservé, le risque de “fuite” n’est-il pas élevé ? « Bien au contraire. Nous avons l’assurance avec Adecco que Romain travaille chez d’autres confrères mais à travers des missions différentes », explique Hervé Courbis. Et d’ajouter : « C’était beaucoup plus “risqué” avec des intérimaires qu’on ne revoyait plus, une fois leur travail achevé ».

Au-delà de l’intérêt professionnel, cet outil joue la carte du social. « Il constitue la jonction qui manquait entre les contrats à durée indéterminée et ceux à durée déterminée », souligne Martin Vitkine, le directeur national de l’agence d’intérim. Et son directeur de zone Philippe Peillon de surenchérir : « Ce contrat est lui aussi un tremplin vers le CDI ».

Et c’est bien là, l’objectif avoué à demi-mot sur le long terme par le groupe Courbis et Romain Beucher. Du moins si le marché le permet. Néanmoins d’ores et déjà avec cet emploi, et grâce à ce nouveau statut, le jeune homme peut envisager l’avenir sereinement. « J’ai des projets personnels immobiliers notamment et je peux désormais prétendre à des prêts bancaires, qui jusque-là m’étaient refusés… »

Un nouveau contrat d’avenir en somme qui s’adresse non seulement aux jeunes mais aussi à tous les intérimaires aux profils divers mais dont les missions s’étendent généralement au-delà de six mois. « Notre objectif est de signer d’ici trois ans, entre 3 000 et 5 000 contrats de travail de ce type sur les 20 000 annoncés par la profession », précise la directrice opérationnelle France Est d’Adecco.

Une chose est sûre, Romain Beucher a lui, déjà le sourire : « Avoir la sécurité de l’emploi à tout juste 20 ans, c’est appréciable ! »

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